Jeudi 15 Janvier 2026
Comment s’associer et entreprendre ensemble sur 20 ans ? Voici les 3 piliers à copier chez SoPress
Bonjour à toutes et à tous,
À l’origine de certains projets qui durent, il n’y a ni plan de carrière ni vision long terme, mais une envie partagée et un terrain de jeu commun.
En 2003, un groupe d’amis lance un magazine de foot sur un coin de table.
Il s’appelle So Foot.
Personne, à ce moment-là, ne se doute que ce magazine donnera naissance à l’un des groupes de presse indépendants les plus singuliers de ces vingt dernières années !
Encore moins que l’association à l’origine du projet sera toujours debout, vingt ans plus tard.
Autour de ce premier titre, Franck Annese s’entoure de proches rencontrés à l’ESSEC, de compagnons de fanzines, d’amis de longue date.
Dès le départ, le projet se construit comme une aventure collective, loin des codes de l’entreprise classique.
Franck Annese n’a jamais pensé l’entrepreneuriat comme un parcours solitaire. Son rapport au travail est profondément marqué par la culture du sport, cette idée que l’on avance en équipe et que chacun occupe une place singulière.
« J’ai toujours lancé des radios, des festivals, des fanzines… J’aime les aventures menées à plusieurs », confie-t-il.
Les débuts sont joyeux, enthousiastes, mais aussi un peu chaotiques.
Très vite, une difficulté apparaît : les personnes avec lesquelles Franck Annese démarre So Foot ne s’impliquent pas toutes au même niveau que lui dans le projet.
Avec le recul, il en tire une leçon fondatrice. « Si je revenais en arrière, je dirais au Franck Annese de 2003 de s’associer avec des gens qui s’impliquent dans la boîte (rires). Sinon, par la suite, tu dois faire des gros chèques à des personnes qui n’ont pas fait grand-chose, et c’est toujours un peu pénible. »
Cette expérience agit comme un révélateur.
Elle l’amène à revoir sa manière de s’entourer et à accorder une attention beaucoup plus fine à l’engagement réel de celles et ceux avec qui il travaille.
Avec Stéphane Régy et Marc Beaugé, une association solide se construit dans le temps. Franck Annese parle d’un « trouple », pour désigner un lien fondé sur la confiance et l’engagement durable.
Au fil des années, So Press se développe.
Les idées naissent souvent d’une discussion informelle, d’une envie soudaine, d’une intuition partagée.
En 2015, le lancement de Society marque un tournant et bouscule le paysage de la presse magazine.
Devenu un groupe structuré, So Press se diversifie progressivement avec des nouveaux magazines comme So Film et L’Étiquette, de la production vidéo, de la régie publicitaire, une maison d’édition, un label de musique et de la production événementielle.
Le chiffre d’affaires atteint aujourd’hui environ 20 millions d’euros, sans renier l’esprit d’origine.
Dans l’épisode précédent, nous vous partagions les outils et ressources proposés par Hello bank! Pro et LiveMentor pour s’associer sans se tromper.
Cette semaine, nous allons plus loin.
À partir de l’exemple de So Press, nous vous proposons de comprendre ce qui permet de tenir plus de vingt ans quand on entreprend à plusieurs, dans un environnement où tout change très vite.
Les 3 piliers pour entreprendre à plusieurs (et sur la durée), inspirés de So Press
Comment une association tient vingt ans sans exploser ?
Si So Press tient encore vingt ans plus tard, ce n’est pas parce que tout a été simple entre les trois associés, mais parce que certaines règles ont permis au collectif de durer.
1. Un chef, oui, mais d’équipe !
Franck Annese ne se présente pas comme un patron au sens hiérarchique du terme. Il se voit plutôt comme un chef d’équipe, au sens sportif : quelqu’un qui donne une direction, qui tranche quand il le faut, tout en s’inscrivant pleinement dans un collectif.
Au sein du trio qu’il forme avec Stéphane Régy et Marc Beaugé, les rôles ne sont pas définis par un organigramme figé, mais selon les expertises, les centres d’intérêt et les personnalités de chacun.
Franck Annese décrit très simplement la manière dont les rôles se sont répartis. Il explique ainsi l’équilibre qui s’est construit entre lui et ses deux associés :
« Stéphane, par exemple, est beaucoup dans le recul, la diplomatie, l’analyse. Il ne va jamais réagir à chaud, il a ce côté très mesuré. Marc a une approche plus « légère », il prend les choses un peu moins au sérieux, mais il est toujours en train de se demander : « Qu’est-ce qui va faire que les gens vont aimer, en quoi ça va leur rendre service, en quoi ça va leur apporter quelque chose ? » Dans sa personnalité, il est un peu plus solitaire, mais il fait le bon mix entre nous deux. Moi, je n’ai pas de mal à prendre des décisions, je suis peut-être un peu plus cash, très instinctif… »
Cette répartition s’est imposée avec le temps, par la pratique, l’observation mutuelle et la confiance. Chacun a trouvé sa place parce que les autres la reconnaissaient.
C’est ce qui évite les luttes d’influence et les discussions sans fin. Une association ne tient pas parce que tout le monde décide de tout. Elle tient parce que chacun sait où il est légitime, et accepte que d’autres soient meilleurs ailleurs.
Cette manière d’envisager le collectif, Franck Annese la développe dans une interview accordée au magazine Odyssées, publié par LiveMentor. Il y raconte comment se construisent, dans la durée, des alliances capables de tenir malgré les épreuves.
On vous offre le numéro du magazine Odyssées à télécharger ici.
2. La confiance comme socle de l’association
Chez So Press, la confiance n’est pas venue avec le succès. Elle le précède.
Franck Annese le dit sans détour : il a une confiance aveugle en ses associés. Ce choix n’a rien d’idéologique ni de naïf ! Il structure concrètement la manière dont l’entreprise fonctionne au quotidien.
Chez So Press, il n'y a pas de surcouches de validation, de contrôles permanents ou de décisions prises pour se couvrir. La confiance repose sur une certitude : chacun agit avec la même exigence, la même loyauté et la même responsabilité vis-à-vis du projet commun.
Cette approche a un effet immédiat sur la vie de l’entreprise.
Les décisions se prennent sans suspicion, sans arrière-pensée, sans calcul défensif. On ne perd pas de temps à vérifier l’intention de l’autre, ni à anticiper une éventuelle trahison. L’énergie n’est pas consommée par la méfiance, mais consacrée à avancer.
Résultat : les arbitrages sont plus rapides et font gagner beaucoup de temps.
Même lorsqu’un choix se révèle imparfait, il ne fragilise pas la relation. Il devient un point d’ajustement collectif, pas un motif de remise en cause personnelle.
Dans une association qui dure plus de vingt ans, cette confiance permet à l’entreprise d’aller vite, de rester solide et de traverser le temps sans s’user de l’intérieur.
3. Une culture d’équipe qui absorbe les chocs
Franck Annese envisage l’entrepreneuriat comme un sport collectif, où l’on avance en équipe et où chacun reste engagé dans la même direction.
Cette culture n’est pas un discours managérial, c’est une manière de vivre les épreuves ensemble.
Quand chacun joue dans le même camp, les tensions ne se déplacent pas sur les personnes. Elles se concentrent sur les problèmes à résoudre. Et c’est dans les moments difficiles que cette culture fait la différence.
Franck Annese en fait l’expérience de manière très concrète au moment de la crise du covid. Du jour au lendemain, les revenus s’arrêtent net, tandis que les charges continuent de tomber. Il faut maintenir l’activité, payer les salaires, avancer sans aucune visibilité, dans une situation qui met directement l’entreprise en danger.
Face à cette situation exceptionnelle, il n’y a ni plan préétabli ni solution évidente. L’équipe fait alors ce qu’elle a toujours fait : se retrousser les manches et chercher des réponses ensemble.
Il évoque aussi un épisode plus ancien, en 2013. Un matin, en arrivant dans les locaux de So Press, il découvre le sol recouvert de cinquante centimètres d’essence. Une station-service située en face a vu ses cuves déborder dans les canalisations. Les bureaux sont inondés !
Face à l’imprévu, il n’est pas question de chercher un responsable ou de gérer seul. Le premier réflexe est d’appeler son associé, de partager la situation, puis de faire face ensemble.
Ces anecdotes rappellent que dans une entreprise, les difficultés ne disparaissent jamais. Ce qui fait la différence, c’est la capacité du collectif à absorber les chocs, à chercher des solutions à plusieurs et à continuer d’avancer, même quand le terrain se dérobe.
Sur vingt ans, ce n’est pas un détail ! C’est l’une des raisons pour lesquelles l’association tient encore.
Le défi de la semaine : tester la solidité de votre alliance entre associés
Cette semaine, prenez un moment pour observer votre alliance, actuelle ou potentielle, sans chercher à la juger ni à la corriger.
Interrogez simplement ce qui se passe dans la relation à l’aide des questions suivantes :
- Avec cette personne ou ce groupe, les moments difficiles vous fragilisent-ils davantage ou vous rendent-ils plus solide ?
- Quand tout va bien, la réussite se partage-t-elle naturellement ou fait-elle émerger des tensions silencieuses ?
- Et surtout, avez-vous envie de traverser une tempête avec ces personnes, et pas seulement de célébrer une victoire ?
Les associations qui durent ne sont pas celles où tout est fluide en permanence.
Elles tiennent parce que la relation reste vivante lorsque le reste vacille.
Si vous êtes seul pour l’instant, faites le même exercice avec une personne avec qui vous envisagez de collaborer. C’est très formateur !
Avant de signer quoi que ce soit, observez ce qui se joue sur le terrain, dans le quotidien du travail.
Une association réussie se révèle dans la manière dont on avance ensemble, semaine après semaine. L’histoire de So Press le montre clairement.
Les alliances qui tiennent dans le temps ne reposent ni sur des promesses abstraites ni sur des équilibres idéaux, mais sur une confiance construite patiemment, une complémentarité assumée et une capacité à se dire les choses sans crainte d’abîmer le lien.
C’est cette énergie du groupe qui leur a permis de traverser les chocs, d’absorber les imprévus et de continuer à avancer là où, seul, il aurait été tentant de s’arrêter.
Selon la 3ᵉ édition de l’Observatoire de l’envie d’entreprendre, menée avec Ipsos et Hello bank! Pro, 85 % des indépendants interrogés le disent clairement : entreprendre seul, c’est difficile.
Cette étude met aussi en lumière un attachement très fort à l’aventure entrepreneuriale, malgré l’incertitude, la charge mentale et les obstacles du quotidien. Elle montre à quel point le besoin de soutien, d’entraide et de collectif devient central pour tenir dans la durée.
Si vous souhaitez aller plus loin et comprendre ce que vivent concrètement les indépendants aujourd’hui, l’étude complète est accessible en cliquant ici.
Qu'est-ce qui fait la différence sur la durée ? Ce n’est pas seulement la solidité d’un projet, mais la capacité à s’appuyer sur d’autres, à partager l’effort, les décisions et les moments de doute.
Parce qu’entreprendre à plusieurs, quand l’alliance est juste, ne divise pas la force. Elle la multiplie.
Si ce sujet résonne pour vous, écrivez-nous. Vos questions, vos expériences et vos doutes nourrissent aussi cette réflexion collective.
À très vite,
La rédaction de la Boîte à Succès
Les informations sur So Press et Franck Annese sont issues de cet épisode de podcast La méthode LiveMentor et de son interview pour le magazine Odyssées offert en cliquant ici.
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